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Exercice de sécurité civile le jeudi 29 novembre 2018 : lutte contre les épizooties

 

L’exercice programmé le jeudi 29 novembre 2018 s’est déroulé dans l’abattoir SOCOPA situé sur la commune de Croisilles.
Il a porté sur la gestion d’une crise sanitaire avec la détection d’animaux suspects de fièvre aphteuse à l’entrée de l’abattoir et la mise en œuvre du plan d’intervention sanitaire d’urgence dans le cadre d’une suspicion de fièvre aphteuse. Le scénario a été élaboré par les services de la DRAAF (direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt), de la DDCSPP (direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations de l’Orne) et les services de la préfecture.

L’opération a mobilisé sur place, à la DDCSPP (direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations), à la DRAAF (direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt), au COD (centre opérationnel départemental) à la préfecture près de 40 acteurs appelés à intervenir dans ce type de crise :
- des personnels de l’abattoir SOCOPA et de la société ATEMAX (équarissage), du GDS (groupement de défense sanitaire), des vétérinaires, des pompiers, des gendarmes, des fonctionnaires de la DRAAF, de la DDCSPP, de la préfecture (service interministériel de défense et de protection civile, bureau de la représentation de l’État et de la communication interministérielle) qui interviendront dans la gestion de l’évènement.

Les dispositions du plan « lutte contre les épizooties déterminent les procédures à mettre en œuvre lors de crises sanitaires liées à la santé animale et à la sécurité sanitaire des aliments. Ce dispositif précise les moyens à affecter à cette mission. La préfète du département doit lors d’évènements de cette nature assurer la mobilisation immédiate des services concernés par ce type de crise pour assurer la protection des élevages du département et la sécurité sanitaire de la population.

Dispositions propres à l’exercice

Pour mettre les intervenants au plus près de la réalité, les services ont reçu un minimum d’informations sur l’organisation de l’exercice. Il s’agit en effet de tester leur réactivité, leur capacité à agir en complémentarité les uns avec les autres. Le thème de l’exercice n’est pas connu des acteurs de terrain.

Cet exercice a pour objet :

• de tester la capacité des personnels de la DDCSPP à mettre en place des mesures de biosécurité pour éviter toute diffusion de la maladie, de réaliser les prélèvements nécessaires pour confirmer la présence de la maladie
• de tester le plan ORSEC « LUTTE CONTRE LES EPIZOOTIES » – (moyens ORSEC mis en oeuvre par les services concernés par la crise en soutien à la DDCSPP : mise en oeuvre de mesures dans le foyer, mise en place de zonages en fonction des phases – phase de suspicion- phase de foyer confirmé) avec l’interdiction de transport d’animaux dans certaines zones notamment
• de tester les procédures de traçabilité de l’abattoir, la mise en oeuvre du confinement au sein de l’abattoir
• de tester la mise en place de rotoluves
et d’observer plus particulièrement :
• la rapidité de la mobilisation et de la mise en place des moyens
• la coordination entre les différents services de secours concernés par la crise
• l’organisation du commandement et du partage de l’information
• la coordination entre les agents sur le terrain, le PCO (poste de commandement opérationnel), la cellule de crise de la DDCSPP et le COD (centre opérationnel départemental)
• la communication en situation de crise.

Récit de la journée :

Le vétérinaire inspecteur de l’abattoir Socopa de Gacé a constaté que deux bovins arrivés la veille avaient une salivation abondante. Un examen approfondi a permis de relever une hyperthermie, avec des ulcérations aux pieds. Une forte suspicion de fièvre aphteuse. Le vétérinaire donne l’alerte aux autorités départementales.

L’abattoir est ainsi confiné ainsi que les 200 animaux qui s’y trouvaient.
Des pédiluves et rotoluves (pour les véhicules) ont été mis en place à chaque accès de l’établissement.


La gendarmerie a mis en place des points de contrôle.
Une cellule de crise a été activée dans l’abattoir à Gacé avec des renforts venus du Calvados et de la Manche, et le centre opérationnel a été activé en préfecture de l’Orne à Alençon.

Des restrictions de circulations ont été mises en place par les gendarmes sur tout le secteur concerné, jusqu’aux accès à l’autoroute A28. Des échantillons prélevés sur les animaux suspects ont été acheminés par la gendarmerie au laboratoire national d’analyses situé en région parisienne. Il fournira les premiers résultats sous 24 heures. Des résultats plus détaillés sous 10 jours.


Par précaution, dans le même temps, pour éviter toute propagation, l’élevage d’où sont issus les bovins suspects a été placé à l’isolement. Tous les récents transferts d’animaux ont dû y être tracés. En se préparant au pire : abattre tout le troupeau de 750 bovins. Cela prendrait quatre ou cinq jours. Un hydrogéologue a été acheminé sur place pour valider l’endroit où les animaux seraient enterrés.