Devoir de mémoire

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Les Justes de France

 

Contexte historique

(Source : présentation des Justes au Panthéon)

Dès l’été 1940 et l’occupation allemande de la moitié de la France, l’État français à Vichy instaure une législation anti-juive. Des dizaines de milliers de Juifs étrangers sont internés dans des camps du sud de la France. Les premières arrestations massives en zone occupée ont lieu au printemps 1941. Un an plus tard, un premier convoi quitte le camp d’internement de Drancy à destination d’Auschwitz. La rafle du Vélodrome d’Hiver menée par la police française, les 16 et 17 juillet 1942, à la demande de l’occupant, n’épargne ni les femmes ni des milliers d’enfants.
Peu après, la zone sud connaît elle aussi des rafles massives. Des 76 000 Juifs français et étrangers dont 11 000 enfants qui ont été déportés de France vers les camps de la mort, seuls 2 500 reviendront, parmi lesquels aucun enfant en bas âge.

Dès les premières mesures anti-juives, des Français manifestent leur solidarité avec les persécutés et refusent de se laisser influencer par la propagande antisémite. Au cours de l’été 1942, les protestations se font de plus en plus vives, notamment face au sort réservé aux enfants.

Des organisations non juives s’engagent aux côtés des réseaux juifs de sauvetage. Comptant parmi les principales manifestations de la Résistance civile, ces sauvetages prennent différentes formes parmi lesquelles : fabrication de faux papiers ; prise en charge d’enfants par des institutions religieuses ou laïques, ou par des familles ; hébergement clandestin ; organisation de passages vers la Suisse et l’Espagne, alors pays neutres ; transmission d’informations. Si certains auteurs de ces actes de sauvetage appartiennent à l’administration (en particulier maires, secrétaires généraux de mairie, fonctionnaires de préfectures, gendarmes, policiers), l’immense majorité sont des gens ordinaires, agissant individuellement. C’est en grande partie grâce à leur courage et à leur dévouement que les trois quarts des Juifs de France, soit environ 240 000 personnes, ont pu être sauvés alors que les deux tiers des Juifs d’Europe ont été assassinés.

Le titre de « Justes parmi les Nations »

(Source : Yad Vashem)

Le 19 août 1953, l’Institut Commémoratif des Martyrs et des Héros de la Shoah - YAD VASHEM - est créé à Jérusalem. Ce nom est tiré du chapitre V du Prophète Isaïe : « et je leur donnerai dans ma maison et dans mes murs un mémorial (Yad) et un nom (Shem) qui ne seront pas effacés ».
En 1963, une Commission, présidée par un juge de la Cour Suprême de l’Etat d’Israël, est alors chargée d’attribuer le titre de « Juste parmi les Nations », la plus haute distinction civile décernée par l’Etat hébreu, à des personnes non juives qui, au péril de leur vie, ont aidé des Juifs persécutés par l’occupant nazi.
Les personnes ainsi distinguées doivent avoir procuré, au risque conscient de leur vie, de celle de leurs proches, et sans demande de contrepartie, une aide véritable à une ou plusieurs personnes juives en situation de danger.
 Au cours d’une cérémonie officielle, le représentant de l’Ambassade d’Israël remet aux « Justes parmi les Nations » ou à leurs ayants-droits, une médaille gravée à leur nom sur laquelle est inscrite cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l’univers tout entier », ainsi qu’un diplôme d’honneur. Leurs noms sont inscrits sur le mur d’honneur du Jardin des « Justes parmi les Nations » de Yad Vashem, à Jérusalem.
Les noms des Justes parmi les Nations de France sont également inscrits à Paris, dans l’Allée des Justes, près du Mémorial de la Shoah, rue Geoffroy l’Asnier.
Le 18 janvier 2007, dans la Crypte du Panthéon, le Président de la République Jacques Chirac, sur une proposition de Simone Veil, donnait aux Justes parmi les Nations de France, reconnus ou restés anonymes, une place légitime auprès des grandes figures de notre pays. Il y a fait inscrire leur action collective par ces mots :
« Sous la chape de haine et de nuit tombée sur la France dans les années d’Occupation, des lumières, par milliers, refusèrent de s’éteindre. Nommés « Justes parmi les Nations » ou restés anonymes, des femmes et des hommes, de toutes origines et de toutes conditions, ont sauvé des Juifs des persécutions antisémites et des camps d’extermination, bravant les risques encourus. Ils ont incarné l’honneur de la France, ses valeurs de justice, de tolérance et d’humanité. »
Au 1er janvier 2018, le titre avait été décerné à 26971 personnes à travers le monde, dont 4055 en France. Cependant nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. 

Dans l’Orne, 39 personnes se sont vues décerner le titre de Justes parmi les Nations.