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Qu’est-ce que le risque sismique ?

 

Le risque sismique

Le risque sismique est présent partout à la surface du globe, son intensité variant d’une région à une autre. La France n’échappe pas à la règle, puisque l’aléa sismique peut être très faible à moyen dans certaines régions de métropole et pouvant engendrer quelques milliers de victimes, et fort aux Antilles où le nombre de victimes pourrait être de plusieurs dizaines de milliers. La politique française de gestion de ce risque est fondée sur la prévention (information du citoyen, normes de construction afin que les bâtiments ne s’effondrent pas pendant un séisme) et la préparation des secours.

 

Qu’est ce qu’un séisme ?

Les séismes sont, avec le volcanisme, l’une des manifestations de la tectonique des plaques. L’activité sismique est concentrée le long de failles, en général à proximité des frontières entre ces plaques.
Lorsque les frottements au niveau d’une de ces failles sont importants, le mouvement entre les deux plaques est bloqué. De l’énergie est alors accumulée le long de la faille. Lorsque la limite de résistance des roches est atteinte, il y a brusquement rupture et déplacement brutal le long de la faille, libérant ainsi toute l’énergie accumuler des fois pendant des milliers d’années. Un séisme est donc le déplacement instantané de part et d’autre d’une faille suite à l’accumulation, au fil du temps, de forces au sein de la faille. Après la secousse principale, il y a des répliques, parfois meurtrières, qui correspondent à des réajustements des blocs au voisinage de la faille. L’importance d’un séisme se caractérise par deux paramètres : sa magnitude et son intensité.

La magnitude traduit l’énergie libérée par le séisme sous forme d’ondes sismiques. La magnitude de Richter, la plus connue, permet d’évaluer cette énergie. Augmenter la magnitude d’une unité signifie que l’énergie libérée lors du séisme sera multiplié environ par 30 (par exemple un séisme de magnitude 7,2 libère 30 fois plus d’énergie qu’un séisme de magnitude 6,2) et cela en raison des formules mathématiques permettant de calculer ces magnitudes (en logarithme).

L’intensité mesure les effets et dommages du séisme en un lieu donné. Ce n’est pas une mesure par des instruments, mais une observation de la manière dont le séisme se traduit en surface et dont il est perçu. On utilise habituellement l’échelle EMS 92 ou MSK, qui comporte douze degrés (I à XII). L’intensité I correspond à un séisme non perceptible, le début de dégâts notables correspond à l’intensité VI, l’intensité XII correspond à un changement total du paysage (apparition ou disparition de montagnes par exemple). L’intensité n’est donc pas, contrairement à la magnitude, fonction uniquement du séisme, mais également des caractéristiques du lieu de l’observation (bâtiments plus ou moins fragiles par exemple)e. En effet, les conditions topographiques ou géologiques locales (particulièrement des terrains mous reposant sur des roches plus dures) peuvent créer des effets de site qui amplifient l’intensité d’un séisme. Sans effet de site, l’intensité d’un séisme est d’habitude maximale à l’épicentre et décroît avec la distance.

Un séisme peut se traduire à la surface terrestre par la dégradation ou la ruine des bâtiments, des décalages de la surface du sol de part et d’autre des failles, mais peut également provoquer des phénomènes annexes tels que des glissements de terrain, des chutes de blocs, des avalanches ou des raz-de-marée.

Le foyer (ou hypocentre) d’un séisme est le lieu sur la faille où se déclenche la rupture et d’où partent les ondes sismiques. Pour les séismes destructeurs, il est généralement situé entre 0 et 100 kilomètres de profondeur.

L’épicentre est le point théorique situé à la surface terrestre à la verticale du foyer du séisme.

Les ondes sismiques émises lors d’un séisme se propagent à travers les couches géologiques jusqu’à atteindre la surface terrestre.

 

Le risque sismique dans le monde et en France

Chaque année dans le monde, il y a plus de cent cinquante séismes de magnitude supérieure ou égale à 6 (c’est-à-dire de séismes ayant assez d’énergie pour être potentiellement destructeurs).

En France, c’est à la Guadeloupe et à la Martinique que le risque sismique est le plus élevé. En effet, ces deux îles sont situées à la frontière de deux plaques tectoniques.

La France métropolitaine est considérée comme ayant une sismicité moyenne en comparaison de celle des Antilles par exemple. Ainsi, le seul séisme d’une magnitude supérieure à 6 enregistré au XXème siècle est celui dit de Lambesc (Bouches du Rhône), au sud du Lubéron, le 11 juin 1909, qui fit 46 morts.

Les Alpes, la Provence, les Pyrénées, l’Alsace sont considérées comme les régions où le risque est le plus fort en métropole. Dans ces régions assez montagneuses, outre les effets directs d’un séisme sur les constructions, les très nombreux glissements de terrain potentiels répertoriés peuvent aggraver le risque. Les autres régions où la sismicité n’est pas négligeable sont d’anciens massifs (Massif armoricain, ouest du Massif central, Vosges).

 

Les enjeux

Les séismes peuvent avoir des conséquences sur la vie humaine, l’économie et l’environnement.
- Les enjeux humains : le séisme est le risque naturel majeur le plus meurtrier, tant par ses effets directs (chutes d’objets, effondrements de bâtiments) que par les phénomènes qu’il peut engendrer (mouvements de terrain, raz-de-marée, etc.). De plus, outre les victimes possibles, un très grand nombre de personnes peuvent se retrouver blessées, déplacées ou sans abri.
- Les enjeux économiques : si les impacts sociaux, psychologiques et politiques d’une possible catastrophe sismique en France sont difficilement quantifiables, les enjeux économiques, locaux et nationaux peuvent, en revanche, être appréhendés quantitativement. Un séisme et ses éventuels phénomènes annexes peuvent engendrer la destruction, la détérioration ou l’endommagement des habitations, des usines, des ouvrages (ponts, routes, voies ferrées, etc.), ainsi que la rupture des conduites de gaz qui peut provoquer des incendies ou des explosions. Ces phénomènes constituent parmi les plus graves conséquences indirectes d’un séisme.
- Les enjeux environnementaux : un séisme peut se traduire en surface par des modifications du paysage (tarissement ou apparition de sources d’eau, détournement de lits de rivières, ...), généralement modérées mais qui peuvent dans les cas extrêmes occasionner un changement total de paysage.

 

La gestion du risque

Le risque sismique est l’un des risques majeurs pour lequel on ne peut pas agir sur l’aléa (on ne peut pas empêcher un séisme de se produire et on ne peut pas contrôler son énergie). Ainsi, la seule manière de diminuer le risque est d’essayer de prévoir les séismes (prévision du moment où il pourrait avoir lieu : pour l’instant la science ne le permet pas) et d’en diminuer les effets (prévention : construire des bâtiments prévus pour ne pas s’effondrer en cas de séisme).

La prévision à court terme : il n’existe malheureusement à l’heure actuelle aucun moyen de prévoir précisément où, quand et avec quelle puissance se produira un séisme. En effet, les signes précurseurs d’un séisme ne sont pas toujours identifiables et interprétables. Des recherches mondiales sont cependant entreprises afin de mieux comprendre les séismes et d’essayer d’être capable un jour de les prévoir.

La prévision à long terme : l’analyse de la sismicité historique (récurrence des séismes), de la sismicité instrumentale et l’identification des failles actives, permettent d’évaluer l’aléa sismique d’une région, c’est-à-dire la probabilité qu’un séisme survienne dans une région donnée sur une période donnée (50 ans, 500 ans, ...). C’est pour l’instant le seul outil de prévision existant. Un zonage sismique de la France selon cinq zones a ainsi été élaboré à partir de l’étude de 7 600 séismes (décret du 14 mai 1991). Ce classement était réalisé à l’échelle du canton.


Le zonage sismique de la France

Depuis le 22 octobre 2010, la France dispose d’un nouveau zonage sismique divisant le territoire national en cinq zones de sismicité croissante en fonction de la probabilité d’occurrence des séismes (décrets no 2010-1254 du 22 octobre 2010 et no 2010-1255 du 22 octobre 2010, Arrêté du 22 octobre 2010) :

  • une zone de sismicité 1 où il n’y a pas de prescription parasismique particulière pour les bâtiments à risque normal (l’aléa sismique associé à cette zone est qualifié de très faible),
  • quatre zones de sismicité 2 à 5, où les règles de construction parasismique sont applicables aux nouveaux bâtiments, et aux bâtiments anciens dans des conditions particulières.

Pour connaitre la zone de sismicité de votre commune, consultez le Décret no 2010-1255 du 22 octobre 2010 portant sur la délimitation des zones de sismicité du territoire français.


Les nouvelles règles de construction parasismiques ainsi que le nouveau zonage sismique (qui modifieront les articles 563-1 à 8 du Code de l’Environnement) entreront en vigueur à compter du 1er mai 2011. Jusqu’à cette date, le zonage en vigueur demeure le zonage divisant la France zones de sismicité 0, Ia, Ib, II et III :

  • zone 0 : sismicité négligeable mais non nulle
  • zone Ia : sismicité très faible
  • zone Ib : sismicité faible
  • zone II : sismicité moyenne
  • zone III : sismicité forte.
Zonage sismique de la France jusqu’au 30 avril 2011 :

zonage sismique de la France jusqu'au 30 avril 2011

Zonage sismique de la France à compter du 1er mai 2011 :

zonage sismique de la France à compter du 1er mai 2011

 

La réglementation parasismique

Règles parasismiques applicables jusqu’au 1er mai 2011

Ces règles parasismiques ne sont applicables que lors de la construction de bâti nouveau de type B, C ou D ou lorsque le bâti ancien fait l’objet de modifications importantes (arrêté du 29 mai 1997). Ces règles concernent les bâtiments situés en zone de sismicité Ia, Ib, II ou III.
L’article 3 de l’arrêté du 29 mai 1997 précise les types de modification qui imposent des règles aux bâtiments existant modifiés.
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Règles parasismiques d’application obligatoire à compter du 1er mai 2011

Les nouvelles règles parasismiques sont applicables lors de la construction de bâti nouveau de catégories d’importance III et IV dans la zone de sismicité 2, et de catégories d’importance II, III et IV dans les zones de sismicité 3, 4 et 5. D’autre part, elles sont également applicables aux bâtiments existants dans certaines conditions, notamment à l’occasion de certains travaux importants.
L’article 3 de l’Arrêté du 22 octobre 2010 précise les types de modification qui imposent des règles aux bâtiments existant modifiés.
Les installations de type nucléaire, barrages, ponts, industries SEVESO font l’objet d’une réglementation parasismique particulière.
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Règles parasismiques d’application obligatoire à compter du 15 septembre 2014

L’arrêté du 15 septembre 2014 modifie l’arrêté du 22 octobre 2010 relatif à la classification et aux règles de construction parasismique applicables aux bâtiments de la classe dite « à risque normal » .

Cette modification s’inscrit dans une démarche de simplification normative et porte notamment sur 2 des 50 mesures de simplification pour la construction (mesures 7 et 8).

L’arrêté apporte trois modifications principales :
- une refonte des exigences pour les éléments non structuraux du cadre bâti. Le présent arrêté définit une liste restreinte aux éléments lourds et dangereux en cas de séisme (faux-plafonds, cloisons, souches de cheminées, éléments de façade de grande hauteur…).
- une clarification des outils à appliquer en cas de procédés innovants et non visés par les règles Eurocode 8.
- une explicitation et une réduction du champ des bâtiments de centres de production collective d’énergie classés en catégorie d’importance III.

 

L’information préventive

L’IAL : Information des Acquéreurs et des Locataires

L’IAL est une obligation d’information de l’acheteur ou du locataire de tout bien immobilier (bâti et non bâti) situé en zone de sismicité ou/et dans un plan de prévention des risques prescrit ou approuvé. Avant le 1er mai 2011, cette information est obligatoire dans les zones de sismicité Ia, Ib, II et III (voir plus haut), le département de l’Orne, entièrement situé en zone de sismicité 0, n’est pas concerné. À compter du 1er mai, le nouveau zonage s’applique et l’IAL devient obligatoire dans les zones de sismicité 2 à 5, soit 384 communes du département de l’Orne.

L’information de la population : le droit à l’information générale sur les risques majeurs s’applique. Chaque citoyen doit prendre conscience de sa propre vulnérabilité face aux risques et pouvoir l’évaluer pour la réduire. Pour cela il est primordial de se tenir informé sur la nature des risques qui nous menacent, ainsi que sur les consignes de comportement à adopter en cas d’événement et les actions à conduire comme la prise en compte des règles de construction parasismique par exemple (site du MEEDDM, prim.net, mairie, services de l’État)

 

L’organisation des secours

Au-delà de vingt-quatre heures passées sous les décombres, les chances de retrouver des survivants diminuent rapidement, d’où la nécessité d’une intervention rapide : localisation de la région touchée (réseau national de surveillance sismique), alerte et mobilisation des moyens, chaîne des secours (de la détection à la médicalisation), etc.


Les consignes

Les consignes générales s’appliquent et sont complétées par un certain nombre de consignes spécifiques au risque sismique.


Consignes spécifiques

AVANT
- Repérer les points de coupure du gaz, eau, électricité.
- Fixez les appareils et les meubles lourds.
- Préparez un plan de groupement familial.

PENDANT
Rester où l’on est :
- à l’intérieur : se mettre près d’un mur porteur (mur très solide), une colonne porteuse ou sous des meubles solides, s’éloigner des fenêtres ;
- à l’extérieur : ne pas rester sous des fils électriques ou sous ce qui peut s’effondrer (ponts, corniches, toitures...) ;
- en voiture : s’arrêter et ne pas descendre avant la fin des secousses.
se protéger la tête avec les bras.
Ne pas allumer de flamme.

APRÈS
- Sortir des bâtiments et ne pas se mettre sous, ou à côté, des fils électriques et de ce qui peut s’effondrer (ponts, corniches, toitures, bâtiments,...) ;
- Ne pas prendre les ascenseurs pour quitter un immeuble.
- Couper l’eau, l’électricité et le gaz : en cas de fuite ouvrir les fenêtres et les portes, se sauver et prévenir les autorités.
- S’éloigner des zones côtières, même longtemps après la fin des secousses, en raison d’éventuels raz-de-marée.
- Après la première secousse, se méfier des répliques : il peut y avoir d’autres secousses.

 

L’indemnisation

Les préjudices occasionnés par les séismes majeurs sont couverts au titre de la garantie "catastrophes naturelles", qui permet l’indemnisation des victimes selon les conditions d’application définies précédemment.