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Décès de Monsieur Raymond CIROUX

 

Né en 1925, Raymond CIROUX appartient aux formations clandestines de l’Organisation civile et militaire (OCM) à compter du 25 janvier 1941.
Arrêté le 27 février 1942 du fait de son activité dans la Résistance, il est
incarcéré à la prison d’arrêt de Caen dans le quartier réservé aux Autorités d’Occupation d’où il est libéré le 5 septembre 1942.

Dans un rapport décrivant le déroulé des évènements de la nuit du 11 au 12 août 1944, le colonel GAUDET indique qu’alors qu’il parvenait, à la tête de son escadron, aux abords du village de Saint Gilles, Raymond CIROUX s’est porté spontanément à l’avant de ses chars. Il lui a alors fourni de précieux renseignements, notamment sur la présence de patrouilles d’infanterie ennemie sillonnant la campagne environnante et surtout que la ville d’Alençon avait été évacuée par les Allemands, ceux-ci ayant laissé les ponts intacts. En effet, les troupes allemandes s’étaient massées en forêt de Perseigne et d’Ecouves pour bloquer l’avancée de la 2e DB.

Immédiatement, le chef d’escadron GAUDET transmet ces informations au PC du Groupe Tactique Dio. Le message radio restant sans réponse, Raymond CIROUX se propose de porter les informations à l’Etat-Major de Champfleur, à bicyclette. Il effectue cette mission avec le Lieutenant ROGERS.

Informé de la situation, le Général LECLERC donne l’ordre d’investir immédiatement la ville. Il décide que Raymond CIROUX, à bord d’une jeep, guidera l’escadron dans la pénombre.

Arrivé à Alençon, découvrant le Pont Neuf intact, le général LECLERC y installe son PC et donne l’ordre au chef d’escadron GAUDET d’assurer la protection nord de la ville en direction de la forêt d’Ecouves. Toujours guidé par Raymond CIROUX, l’escadron se heurte aux troupes allemandes et arrête ainsi leur progression qui avait pour objectif d’empêcher les troupes de la 2e DB de prendre les ponts et de libérer la ville.

Par son action, Raymond CIROUX a évité que la ville soit bombardée avant l’entrée des troupes de LECLERC.

Dans son rapport, le colonel GAUDET conclut par ces mots : « Le mérite de cette victoire en revient incontestablement au Général LECLERC, à son audace, et à son esprit de décision ; ainsi qu’à la rage de vaincre qu’il avait su inculquer à l’ensemble des Combattants de la 2e DB, et à la lucidité et au courage indéniable dont fit preuve le jeune résistant Raymond CIROUX. »

Le 12 août 1944, Raymond CIROUX s’engage au 12e Régiment de Cuirassiers. Affecté sous le commandement du Chef d’escadron GAUDET, il prend place dans un équipage de chars. Il participe aux combats du Bourget durant lesquels son pilote est tué sous ses yeux et son chef de char est grièvement blessé.

Il participe ensuite à toute la campagne de la 2e DB : la Lorraine, Strasbourg, l’Alsace, Royan.
Il est démobilisé le 10 octobre 1945 au grade de Brigadier-chef.

Monsieur CIROUX est décédé le 27 novembre 2020 à l’âge de 95 ans.